Vendredi 25 juin 2010
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"Yerebatan sarayı" (Yérébatane saraille), voici son
nom turc, ce qui signifie "Palais englouti".
Cette citerne est la plus belle d'Istanbul… C'est ce que disent les guides en tout cas. Pour ma part, elle
est la seule que j'ai visitée, je n'ai donc aucun élément de comparaison. Ce qui est certain, c'est qu'en nombre de piliers elle est la plus importante de la ville. Une forêt de 336
piliers (12 rangées de 28) vous accueillent dans l'un des monuments les plus anciens de la ville. Vous pouvez les compter mais franchement, il y a mieux à faire. Le seul intérêt d'un
inventaire sera de vous permettre de rester au frais pendant ce temps là. Ceci dit, il y a plus simple. Il vous suffira de vous installer au petit café situé à l'intérieur de cette
citerne.
Construite par Constantin puis restaurée par Justinien (en 542)… toujours les mêmes (;D, elle fut oubliée
pendant la conquête. Alimentée par l'aqueduc de Valens, elle servait à distribuer l'eau nécessaire au fonctionnement du Grand Palais, le palais des empereurs byzantins. Les ottomans la
redécouvrent en 1545 et s'en servent pour alimenter Topkapı.
En termes de volume, et malgré sa capacité de 80 000m3 (140m de long x 70m de large x 8m de haut), elle se
fait voler la vedette par la citerne "aux mille et une colonnes" (qui n'en a que 224 d'ailleurs), moins grande mais beaucoup plus haute.
Ceci dit, la citerne basilique est incontestablement la plus célèbre. Cette notoriété, elle la doit à plusieurs
facteurs : Le visuel impressionnant qu'elle offre lorsque l'on pénètre à l'intérieur (la forêt de piliers), son état de conservation, le soin particulier apporté à sa restauration par
rapport à d'autres (paraît-il) mais aussi pour les têtes de Méduse, découvertes dans les années 80.
Alors que l'on pouvait la visiter en barque pendant la seconde guerre mondiale, tout comme le fait James Bond dans
"Bons baisers de Russie", aujourd'hui un adulte n'a pas l'eau aux genoux. La baisse du niveau de l'eau, dûe à son inutilisation depuis longtemps et à l'évaporation naturelle de l'eau, a
dévoilé ces têtes servant de socle à des piliers. Tandis qu'une est posée sur le côté, l'autre est complètement à l'envers. Il n'en a pas fallut davantage pour que tout le monde
s'interroge, à tort ou à raison, sur le pourquoi du comment...
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Certains pensent que la présence de ces têtes s'explique par leur "pouvoir" à détourner les influences
maléfiques mais ne donnent pas d'explication quant à leurs positions respectives. En effet, Médousa, déesse grecque séduite par Pozéïdon au sein d'un temple dédié à Athéna, fut
transformée par cette dernière, en guise de punition, en Gorgone et ses cheveux en serpents. Depuis, tous ceux qui croisent son regard sont immédiatement
pétrifiés.
Jolie théorie qui donne un petit côté mystérieux qui convient bien au lieu mais
peu probable car les éléments qui constituent cette citerne proviennent des pillages des différents temples des alentours, considérés comme païens. Dans ce cas, pourquoi
croire aux pouvoirs des anciennes croyances et vouloir les utiliser ?
Parmi eux, on évoque le fait que la position soit volontaire pour déjouer les pouvoirs de la
Méduse...
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L'autre théorie défend le fait d'un pur hasard. Beaucoup moins romanesque mais, par sa simplicité et son sens
pratique elle m'inspire davantage. Il est en effet plus plausible que des matériaux de construction, butins de nombreux pillages, furent réutilisés. Les têtes de
Méduse représentaient d'excellents socles pour les pilliers. Ni plus, ni moins. Peu importait le sens de pose.